Déi rezent Visite vum Premier Xavier Bettel an Israel an a Palästina werft vill Froen op, seet de Comité fir e gerechte Fridden am Noen Osten.

Dat betrëfft esou wuel Äusserungen, déi während dem Besuch gemaach goufen ewéi och de Silence vum Staatsminister zu bestëmmte Sujeten, esou d'Martine Kleinberg, Presidentin vum Comité.

Derbäi kéimen Äusserungen déi kontradiktoresch zu den offizielle Lëtzebuerger Positioune wieren. De Comité reegt sech notamment driwwer op, datt de Staatsminister méi wéi eng Kéier op en direkten Dialog tëscht béide Parteie gepocht hätt. Wéi wann et deen net géing ginn a wéi wann et domatter gedoe wier, kritiséiert de CPJPO.

Och déi vill zitéiert Initiativ - vu wéi enger Säit och ëmmer – fir eventuell zu Lëtzebuerg Friddensgespréicher ze féiere gesäit ee beim Comité ganz kritesch. Allgemeng gëtt sech driwwer opgereegt datt - fir Business ze maachen - d'Relatioune mat Israel sech géingen normaliséieren. Israel wier awer keen normale Staat, esou de CPJPO.

Sou wéi de Comité fir e gerechte Fridden am Noen Osten dat seet, ass et net ganz richteg, esou reagéiert de Premier Xavier Bettel am RTL-Interview. D'Reprochen a punkto droit international léisst de Staatsminister jiddefalls net gëllen an et géifen och keng Inkohärenze bei der Lëtzebuerger Positioun ginn. Dës wier an den Entrevuë während der Israel-Visite och nach eemol kloer gestallt ginn.

AUDIO: Den Xavier Bettel

Um Donneschdeg gëtt de CPJPO iwwregens fir e Gespréich am Staatsministère empfaangen, seet de Premier. Et wier e bessere Styl gewiescht, wann déi Responsabel vum Comité bis no där Entrevue gewaart hätte fir no baussen ze kommunizéieren.

Le voyage en Israël du Premier ministre Xavier Bettel les 11 et 12 septembre 2016 et son passage éclair en Palestine le 13 septembre suscitent bien des questions, autant par les propos tenus que par les silences criants. Peut-on faire des affaires avec un Etat qui en occupe un autre comme si de rien n´était ? De toutes les rencontres organisées, aucune ne s’est faite avec une organisation des droits humains. Et pourtant nombreuses sont les ONG israéliennes engagées contre l’occupation (B’tselem, New Profile, Breaking the Silence, etc.). Pas un mot non plus sur les droits humains. Bien conforme à l’image d’un Luxembourg avant tout financier ? Le Nation Branding ne semble pas être passé par là.

Le Premier ministre israélien B. Netanyahu doit être ravi : l’entreprise de normalisation se poursuit, les relations commerciales s’intensifient, l’occupation ne vaut même pas d’être mentionnée lors de la conférence de presse des deux premiers ministres.

Faut-il donc le rappeler : Israël n´est pas un Etat comme un autre, c’est une puissance occupante, qui n’a jamais été gouvernée aussi à droite (extrême-droite) au cours de son histoire.

 

Nous avons été particulièrement choqués du glissement sémantique dans le discours de Xavier Bettel. Il soutient des négociations bilatérales sans conditions. Ce qui n’est ni plus ni moins que se rallier au point de vue de l´occupant. En effet, B. Netanyahu tient à un tête-à-tête qui lui permet d’affirmer sa domination et il exige de négocier sans conditions, car les conditions en question sont un moratoire sur la colonisation, inacceptable pour le gouvernement israélien actuel.

Ce voyage interroge donc la (in)cohérence des politiques du gouvernement luxembourgeois. Il s´inscrit également dans le cadre d’une politique européenne qui mise sur le tout sécuritaire et prend son inspiration dans le modèle israélien. Est-il éthique que de vouloir apprendre d´un Etat occupant et de son complexe militaro-industriel, qui « expérimentent » sur les Palestiniens le know-how qu’ils vendent à l’Europe ?

La convention entre l’Université du Luxembourg et l´Université hébraïque de Jérusalem qui a été signée lors de ce voyage n’interroge pas moins, car les universités israéliennes contribuent elles aussi à la course à l´armement et à l’industrie de l´occupation en général. Conclure aujourd’hui de tels accords de coopération, c’est nier la violence subie par la population palestinienne et ignorer les violations du droit international.

Le déséquilibre est si profond entre Israël et l’Autorité palestinienne que l’équidistance dont se revendique le Premier ministre ne peut trouver un petit début de réalité que dans des relations tout aussi rapprochées avec la partie palestinienne, relations qui devraient passer a minima par la visite d’une délégation économique luxembourgeoise à Ramallah et des accords de coopération avec des universités palestiniennes.

Nous appelons également le gouvernement luxembourgeois à cesser au Luxembourg sa coopération avec des entreprises qui profitent de l’occupation, telles que G4S, ou qui sont actives dans l’armement, telles que Elbit ; nous l’appelons à conditionner sa coopération économique et commerciale avec Israël aux respects des droits de l’homme, à suspendre la participation de l’Université du Luxembourg au projet Flysec et à évaluer les accords de celle-ci avec les universités israéliennes au regard des implications directes et indirectes de celles-ci dans l’occupation.

A défaut, nous risquons, dans 70 ans, de devoir présenter à la Palestine nos excuses pour notre complicité d’aujourd’hui dans son occupation et ses souffrances.