
Que vaut « l’espace Schengen » en réalité ? Les accords de Schengen sont entrés en vigueur en 1995 et les politiciens de l’Union européenne ne rataient pas une occasion pour se féliciter, se congratuler.
Or le 8 octobre 2026 pas moins de 9 Etats européens ont continué à maintenir des contrôles à leurs frontières, et ceci au sein de l’espace Schengen.
Toute reprise des contrôles aux frontières doit être signalisée et justifiée à Bruxelles. Les justifications sont un pêle-mêle géopolitique allant de la recrudescence des agressions antisémites, de la persistance de la menace djihadiste, en passant par la détérioration du contexte sécuritaire, l’instabilité en Iran, jusqu’à la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Le fait est que les règles européennes ne sont plus appliquées, les mesures de contrôle sont disproportionnées et par-là incompatibles avec le droit de l’Union européenne. Quelques anciens commissaires européens, dont Nicolas Schmit, ont accusé la Commission européenne de ne pas avoir tout fait pour protéger Bruxelles.
L’on sait que la poussée de l’extrême-droite pèse de plus en plus politiquement et ce n’est pas un hasard si Ursula von der Leyen veut éviter une confrontation avec les Etats imposant des contrôles à leurs frontières.
En tolérant les entraves à la libre circulation et en se contentant de justifications peu convaincantes, l’on met « l’espace Schengen » en péril.