ASSIS

Bruno Liviero

Les personnages : Jean - Pauline - David – l’étang - Un livreur ou une livreuse.

La Corse en fond sonore et en résonnance d’être seul au monde, comme l’insulaire…

L’espace d’une rencontre autour d’un étang, trois personnages, un homme et une femme d’une soixantaine d’années et un jeune homme de vingt ans vont sombrer au plus intime de leurs amertumes, de leurs déceptions et de leurs colères. En quête de reconnaissance et pourtant aveugles à l’essentiel, assis mais portés par le voyage des souvenirs et des espoirs déçus, ils sont ridicules jusqu’à la caricature, au point dans leurs excès et leurs certitudes, d’en être touchants. Ces trois destins s’entrecroisent, s’éloignent et se reprennent dans un ballet incessant figé dans l’immobilité de leurs peurs. Les eaux profondes les délivreront finalement de leurs fantômes pour leur donner, aussi bref soit-il, un nouvel essor, une seconde possibilité de voir, d’entendre et de sentir, avant que leurs voix ne se fondent dans des mélopées corses aux accents nostalgiques et immortels.

Pauline, Jean et David sont les échos de ces êtres qui tentent, au quotidien, de vivre… ou d’affronter la vie en s’efforçant de faire et en oubliant d’être.

Vieillir ne peut pas être synonyme d’attente car la vie n’œuvre plus au présent lorsqu’on attend.

Pauline attend, Jean n’attend plus rien et David attend tout. L’Amour n’a pas d’âge, pas de loi sauf l’empreinte de l’éducation, de la culture et de l’absent ! Des Absents !

La Corse, figure ou prisme de Pauline, sera sa norme et sa référence pour s’abandonner à ce qu’elle est. Jean, visionnaire autrefois, a perdu la vue mais non l’acuité du Bonheur.

Le titre Assis fait allusion au fait de ne plus bouger, d’attendre par opposition à debout : reprendre sa verticalité, sa marche vers l’inconnu, vers la vie…

La musique et la langue Corse sont des ponctuations de nostalgie et d’identité. Les langues et les dialectes aux substrats entassés ont bercé et nourri l’auteur. Son mariage à une femme ayant des origines Corses, ses nombreux séjours à Piana ont réveillé les souvenirs et les sonorités de son enfance, ceux bercés aux sons de ses premiers mots entendus en vénitien, sa langue maternelle.