Contrairement à Lugo et malgré la chaleur, tout le monde avait bien dormi. Après un desayuno copieux nous avions rejoint San Romao da Retorte.

A partir d’ici il y a le Primitivo classic et la variante par la Via Romana et c’est par cette variante que nous avons parcouru les premiers neuf kilomètres de la journée. En cours de route quelques stèles et un semblant de reste de pont sans plus.

Comme le paysage et les petits hameaux dans lesquels nous passions n’offre guère quelque chose de particulier par rapport à ce que nous avions déjà vu par ailleurs, j’aimerais bien perdre quelques mots sur les guides, app et autres qu’on trouve dans le commerce au sens large du terme pour s’orienter et se retrouver. Je considère que toutes ces aides ne sont qu’une reproduction du vécu, ressenti voire imposée à celui qui l’a conçu dans un moment donné et pour compte de qui ils sont destinés et/ou écrits. Vous demandez à plusieurs pèlerins de vous décrire la même étape, vous aurez plusieurs versions différentes en fonction du focus de chacun. Il en est de même de ce que j’écris - je vois le tout avec mes jumelles et je ne retiens par écrit que le message que je veux véhiculer. Au fil du temps chacun découvrira pour lui-même dont il a besoin : un guide multi-couleurs, une application ou autres. Pour ma part et après avoir terminé le Camino, les cartes sur MAPS.ME me suffisent amplement au cas où j’aurais loupé une flèche. Une aide précieuse, pour peu qu’on n’en demande pas plus, sont les cartes A4 que j’ai trouvé dans le Guia del Camino. Les cartes (deux pages), je les avais avec moi, le guide était à la maison (trop lourd et pas d’infos supplémentaires par rapport à ce qu’on trouve sur le net. Parlant justement du net, cet outil longtemps trop onéreux est devenu accessible à tous depuis l’abandon des coûts supplémentaires du roaming – donc pourquoi s’en priver.

Le chemin était une réplique des jours d’avants, un peu trop de goudron, quelques hameaux isolés et de rares passages à travers la forêt.

Nous aurions bien aimé prendre un café en cours de route mais le seul bar que nous avions rencontré était ouvert mais fermé. Je m’explique : la patronne se trouvait devant la porte qui était grande ouverte mais au moment où nous voulions prendre place sur la terrasse elle nous informait que le bar n’ouvrirait qu’à partir de quinze heures. Encore un commerce qui était temporairement fermé pour cause de richesse.

C’est ainsi que nous avons fait une halte près du pont romain de Ferreira qui se prête à merveille pour faire des photos. Le reflet du pont dans les eaux avec un ciel bleu sans aucun nuage – qu’est-ce qu’on veut de plus pour immortaliser un tel endroit. Plus loin à hauteur de San Jorge Aguasante nous tombions sur une place difficilement attribuable : un lieu de recueillement ou une aire d’expression personnelle de quiconque était à l’œuvre, je ne saurais vous le dire.

Faute de découvertes à faire, le trajet se prêtait bien pour s’échanger ou faire des plans pour l’avenir. Les « Millepätteren » ne sont jamais à court d’idées et puis il reste encore notre tour commun autour des frontières du Grand-Duché que nous avons entamé et dont il nous reste quelques quatre-vingt kilomètres à faire. Nous avons également évoqué la possibilité de postuler comme hospitalier dans un gîte pour servir ceux qui sont en route vers Santiago une fois que nous aurons terminé notre périple.

A l’arrivée à Palas del Rei alors que nous étions un peu assoiffés et avant de rejoindre notre pied à terre, la Pension Casa Camino, nous avions fait une pause dans une boulangerie qui avait ouvert ses portes même à l’heure de sieste -du nouveau.

Rien à dire au sujet du Palas del Rei : accueil sympa et chambres dans les normes de ce qu’on peut attendre. Dès notre arrivée nous étions un peu surpris, sans le savoir, que nous nous trouvions d’ores et déjà sur le Camino Frances. Le nombre de pèlerins était impressionnant et d’après le patron de la Casa Camino ce nombre dans les mois de septembre et octobre s’élève à plus ou moins cinq cent par jour alors qu’en juillet et août il faut compter quelques mille cinq cent par jour.

Lors d’une visite de la ville nous avons vite compris que tel était effectivement le cas : dans tous les coins un voit une albergue et visiblement le curé de l’église a plus de sens commercial que certains commerçants. Assis directement derrière la porte d’entrée de l’église, il tamponnait le Crédential de qui le demandait. Juste devant lui il avait bien mis en exergue un genre d’assiette pour y déposer une petite offrande sous forme de donativo. Vous voyez le pèlerin qui refuserait d’y déposer ne fut-ce dix cents ? L’autre commerce qui tournait bien était la pharmacie.

Un dernier mot en termes d’arnac dans les restaurants. Au moment de commander la cena nous avions envie de vider une bouteille de vino tinto et le garçon nous amenait la carte des vins. Pour l’occasion nous avions choisi une bouteille à dix-huit euros. « Lo siento » nous disait-il, « malheureusement on n’en a plus mais je peux vous recommander celui-là », qui était à trente-deux euros. Désolé mon pot, t’a voulu jouer gros mais t’as perdu et nous n’en avons pas pris. Prétendre que le vin à prix moyen n’est plus de stock pour vouloir vendre du plus cher ne passe pas à tous les coups.

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