Cette étape était partiellement destinée pour être une journée de repos avec moins de kilomètres comme d’habitude, néanmoins riche en découvertes.

Comme c’était la première journée sur l’autoroute du pèlerin il fallait bien s’habituer un peu pour se retrouver avec plus ou moins cinq cent personnes alors que les jours précédents il y en avait une trentaine dont on connaissait presque tous les visages à force de les avoir croisés tous les jours. Si la vitesse avec laquelle certains pèlerins marchaient ne nous semblait pas excessive, d’autres avaient adapté un rythme de croisière qui laissait conclure à un début de pèlerinage sur les cent derniers kilomètres sans trop d’expérience avec en plus des sacs à dos surchargés.

En ce qui concerne le poids d’un sac à dos, il existe plusieurs théories et chacun trouvera bien des explications pourquoi celle qu’il a choisie est la bonne. Personnellement je défends la théorie selon laquelle le poids d’un sac à dos ne devrait pas dépasser les quinze à vingt pourcents du poids du randonneur. Avec mon poids de soixante-dix kilos j’ai ainsi une fourchette qui varie entre dix kilos et demi et quatorze kilos. Tout dépend notamment du type de sac à dos, de la condition physique, tu temps, du trajet, de la durée de la randonnée etc. Puis au fil du temps on apprend également à réduire ce qu’on amène au strict minimum respectivement renvoyer, si faire se peut, à la maison tout ce dont on n’a pas besoin. Cette année le poids de mon sac à dos, eau et ravitaillement compris était de onze kilos et demi. A Lugo j’avais renvoyé à la maison mon sac de couchage de sept cent cinquante grammes que j’avais emmené puisque je ne savais s’il en fallait un dans les albergues ou non. Comme après Lugo aucune albergue n’était plus au programme j’ai pu le renvoyer et réduire ainsi le poids à porter.

Ce qui me frappait par outre mesure était le fait que sur ces derniers cent kilomètres il y a plein d’albergues et d’autres pieds à terre qui ne sont pas renseignés sur le net ce qui constituent certes un avantage pour chaque pèlerin à recherche d’un abri pour la nuit mais rend la recherche préalable plus difficile puisqu’on n’en connaît même pas leur existence si on veut réserver d’avance. Vous me direz que c’est le prix à payer si on veut uniquement descendre dans des lieux avec une réservation préalable. Certes, mais je préfère dans ce cas une offre moins abondante et être sûr d’avoir un lit en soirée et ne pas être contraint d’avancer, rien que pour avancer pour être parmi les premiers à poser son sac à dos devant une albergue.

Au courant de la journée nous avons une fois de plus été témoin que les animaux ont également une âme. Dans un petit hameau un chien très bien entretenu nous avait doublé et disparaissait de notre champ de vue peu après. A la prochaine bifurcation nos chemins se sont de nouveau croisés. Le chien était assis devant un portail fermé et regardait un peut triste droit devant lui. De l’autre côté du grillage se trouvait un autre chien attaché à une chaîne et les deux auraient tant aimé jouer ensemble. Il est très difficile dans des circonstances pareilles de ne pas intervenir puisque de toute façon on ne peut rien changer et demain les choses prendront de nouveau leur cours de tous les jours.

Lors de la descente vers Furelos nous avons entendu au loi un bruit qui ressemblait à une machine d’antan sans pour autant savoir ce qui nous attendait. A hauteur de la première maison qui était un petit bar restaurant il y avait un attroupement de personnes autour d’une ancienne batteuse actionnée par une courroie reliée à un moteur. Deux personnes essayaient de démarrer le moteur sans pour autant y arriver. Hormis l’alcool qui a probablement dû couler en abondance avant notre arrivée, le problème était plutôt d’ordre technique : la bougie et le bon dosage pour lancer la machine. Inutile de préciser que les « Millepätteren » étaient aux anges. Très vite et malgré les problèmes linguistiques on arrivait à s’échanger sur la nature du problème. Pour le surplus les « Millpätteren » ont pu montrer à leurs homologues espagnols des photos sur les portables montrant un exemplaire similaire qu’ils avaient restauré récemment. Finalement le Dieu de la technique a eu de la compassion avec les espagnols et sous peu le battage des céréales pouvait commencer.

Rien que pour l’atmosphère festive nous avions décidé de faire une halte dans le bar restaurant pour casser la croûte. Une salade paysanne ne pesait pas lourd dans l’estomac et comme le chemin d’aujourd’hui n’était pas trop long on en profitait pour nous reposer.

A Melide j’avais réservé dans l’hôtel restaurant Xaneiro avec un très bon rapport qualité-prix. A notre arrivée dans le village et comme c’était un dimanche, les quelques restaurants battaient le plein et celui qui est connu pour ses poulpes ne manquaient pas de clients. Un bus rempli d’estomacs vides venait justement d’arriver et la chasse aux assiettes pouvaient commencer.

J’aurais bien aimé visiter l’église Santa Maria qui date du XIIe siècle, rien que pour ses peintures du XVe qu’on voit sur le net, mais malheureusement l’édifice était fermé. Outre cette église, Melide est riche en vestiges anciens du temps des romains ce dont nous pouvions encore nous persuader le lendemain.

Pour finir encore une petite histoire de restaurateur : comme nous voulions manger dans un restaurant qui sert aux heures plus adaptées à nos estomac nous étions rentrés dans un de ces établissements après qu’on nous avait confirmé que la cuisine était déjà ouverte. Pourquoi ne pas pendre des pâtes. Nicolas et Raymond 2 avaient cependant opté pour une paella – sur demande le garçon avait honnêtement avoué qu’elles n’étaient pas faite maison mais congelées. Une paella congelée en Espagne – une honte.

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