Marc GilniatLe dialogue économico-social

Lieserbréif vum Marc Gilniat
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Le commerce présuppose l’interaction de ressources et d’acteurs à des fins productives (avec de la valeur ajoutée dans une mise en valeur innovante d’un ensemble maniable) donnant lieu à des échanges commerciaux qui suscitent des revenus dans l’intérêt de toutes les instances impliquées et/ ou intervenant dans ces transactions aux envergures économiques, c’est-à-dire aux « normes » de la « maison » (du grec « oïkos », la maison, et « nomos », la norme) et donc domestiques (du latin « domus », la maison). Le commerce compris comme « économique » est en effet synonyme de culture et d’habitat, de cultivation et de civilisation, enfin d’incompatibilité avec des exploitations brutales et des sauvageries esclavagistes. L’économie se doit de tenir compte de la corrélation équilibrée entre mérites et redevances si elle se veut fidèle à elle-même, antonyme de « vol » (économie versus vol) : On ne dérobe pas sa maison ! Elle se doit de reconnaître l’offre et la demande à la lumière des « données économiques » qui sont censées promouvoir des échanges honnêtes et raisonnables tout en se refusant à des hostilités.

L’être humain est « à la maison » dans sa famille (milieu privé et social à base de dialogue), en société (milieu public et familier aux besoins d’un dialogue consciemment économique) et sur cette Terre (milieu vital en tant qu’écologique), ce pourquoi les revenus commerciaux relèvent d’une triple implantation à laquelle ils doivent rendre justice en observance des intérêts privés et socio-familiaux, des intérêts « publics » et socio-familiers ainsi que des intérêts planétaires et internationaux qui sont indéniablement reliés entre eux. Un pays où des gens travaillent alors même que les revenus générés par leurs activités liées au commerce ne reviennent ni vraiment à eux et à leurs familles, ni vraiment à eux et à leur société, ni vraiment à eux et à leur environnement, mais échoient scandaleusement à des escrocs sur place ou/ et à des bénéficiaires inconscients sinon irresponsables installés ailleurs (à l’étranger), voilà un pays privé d’économie et exclu de l’économie, un pays exploité dans un monde qui se dérobe aux efforts économiques et à toute conscience sociale digne de ce nom.

Il ne faut pas travailler rien que pour soi sans penser aux autres, ni rien que pour les autres sans penser à soi. Remplissons les corbeilles en rompant le pain, étant donné que ce sont les morceaux (en grec « klasmata ») qui font effet de plénitudes (en grec « plærômata » ; voir Mc 6,43) en témoignant de la plénitude tout entière (voir e. a. Mt 20,1-16).

Le dialogue social est économique en ce qu’il concerne « la maison » dans toutes ses expressions avec pour but d’éviter au mieux les disputes ou d’en venir à bout dans la mesure du possible. Ainsi, on est toutes et tous appelés au dialogue social. Or, à quoi faut-il faire attention lorsque ce dialogue se rapporte au marché avec ses enjeux commerciaux ? Faut-il privilégier une économie de marché, une économie planifiée ou bien une économie d’un marché domestiqué selon des critères de justice et de cohésion sociale, ce qui reviendrait à une économie socialement planifiée (responsabilisée) sans aucune prétention tutélaire en entrave à des ambitions individuelles méritoires à tous égards ? Le dialogue social étant planificateur, il ne faut pas, s’il est censé être économique, que ses mesures prêtent main forte à des mécanismes furtifs (du latin « furtum », le larcin/ vol) revenant à garantir un luxe immérité et immodéré à des gens riches (sans pour autant/ forcément les rendre meilleurs) en même temps que d’aggraver le clivage social, mais il faut au contraire que le choix de ses mesures soit exigeant en matière de solidarité ainsi que réaliste en matière de reconnaissance des mérites et redevances qu’il y a et qu’il suffit de constater pour les honorer (les faire honorer collectivement) en connaissance de cause, c’est-à-dire raisonnablement au moyen de salaires justes et bons.

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