
En politique la terminologie employée peut parfois être trompeuse. Très souvent il y a une différence entre l’appellation théorique et la pratique qui en est faite. La France, république laïque, au moins sur le papier, vient d’en livrer quelques exemples typiques.
Officiellement, la république laïque prévoit que les fonds publics vont à l’école publique et les fonds privés à l’école privée. Or en réalité l’on constate que le financement public de l’enseignement privé va bon train, et ceci non seulement en France. L’Europe des valeurs chrétiennes sait défendre ses intérêts, elle a les politiciens des partis chrétiens à disposition s’il faut donner un coup de main à l’Eglise catholique.
Au terme d’un « marathon » de près de 4 ans, la proposition de la loi sur l’aide à mourir fut définitivement adoptée le mercredi 15 juillet 2026 par l’Assemblée nationale française, 291 députés ont voté pour et 241 contre. Il faut savoir que cette réforme sociétale fut par trois fois rejetée par le Sénat français. Un partenaire vraiment fiable pour l’Eglise catholique, sans oublier les « preux chevaliers de l’ordre catholique » que l’on retrouve dans la Droite républicaine.
Il y a eu des pressions extérieures de la part de l’Eglise catholique, comme la menace de Monseigneur M. Aillet, évêque de Bayonne, de priver de communion les élus adoptant le texte (cf. La Voix du Nord, 16.07.2026). La campagne « anti aide à mourir », mise en scène par les milieux catholiques, a pesé sur la décision de nombreux députés « élus sous l’égide » d’une république laïque. Il n’est donc pas étonnant que 3 recours aient été immédiatement déposés devant le Conseil constitutionnel, celui du président du Sénat, celui piloté par le député LR et celui du Premier ministre S. Lecornu.
L’on ne peut être que dubitatif sur le fonctionnement de la laïcité en France. Par contre le pouvoir des milieux cléricaux est plus fort que jamais … et ceci dans toute l’Union européenne !