
En 2023 l’Union européenne lança le « Chips Act » dont le but était d’être moins dépendant des Etats-Unis d’Amérique et de la Chine en matière de semi-conducteurs.
En 2022 Macron lança le projet d’extension d’une usine de puces à Crolles, une association entre Global Foundries, américain, et le groupe franco-italien STMicroelectronics. Celui-ci devait y investir 7,5 milliards d’euros pour doubler les capacités de production.
Le chancelier allemand O. Scholz se félicitait le 19.06.2023 que l’Allemagne était sur le point de devenir l’un des grands sites de production de semi-conducteurs au monde, car Intel avait annoncé vouloir investir 30 milliards d’euros à Magdebourg. L’on parla déjà d’une « Silicon Junction » ; la modestie ne fut jamais une vertu ni française, ni allemande. Bref, il n’en fut rien, tout est en suspens.
Le « Chips Act », conçu par Thierry Breton, ex-commissaire au marché intérieur de l’Union européen qui avait autorisé de généreuses aides d’Etat, n’a pas changé grand-chose à la lente perte d’influence de l’Europe.
Là où l’Union européenne ambitionnait une part de la production mondiale de 20 % en valeur pour 2030, elle devra se contenter, si « tout va bien », d’un petit pourcentage de11,7 %.
Et ceci en comptant sur les « aides d’Etat faramineuses » censées compenser les handicaps européens, notamment les prix d’énergie plus élevés qu’aux Etats-Unis d’Amérique ou en Asie. Ceci prouve que les aides d’Etat ne servent à rien si elles ne sont pas utilisées à bon escient. Investir pour investir, par complexe d’infériorité ou par besoin de se profiler est une mauvaise politique.
Ceci explique que les firmes « européennes » n’arrivent pas à « jouer collectif » entre elles, elles sont otages de leur propre arrogance, c’est-à-dire celle dictée et cautionnée par leurs actionnaires.
Lorsqu’on parle du « Chips Act » de l’Union européenne, il s’agit d’un imbroglio nébuleux d’intérêts commerciaux, politiques et financiers où la loi du plus fort finira par dominer !
Edouard Kutten