
Une époque s’achève, une autre commence.
La transmission du pouvoir à Guillaume marque un tournant naturel dans la continuité de notre pays. En tant que simple citoyen, je me permets une réflexion…
Toute passation invite à un élargissement de notre horizon de voir les choses: qu’est-ce que le pouvoir, qu’est-ce que la souveraineté et que reste-t-il lorsque la fonction s’efface ? On parle souvent d’autorité, de signature, de responsabilité. Mais la souveraineté absolue n’existe pas. Ni pour un chef d’État. Ni pour un gouvernement. Ni même pour un peuple, c’est à dire «Jenni et Menni»! Elle est toujours parfaitement encadrée, équilibrée, limitée. C’est d’ailleurs cela qui fonde une démocratie.
La véritable grandeur d’une fonction ne réside pas dans le pouvoir qu’elle détient, mais dans la retenue avec laquelle elle l’exerce. Les débats récents autour de la Constitution, des réformes ou des signatures ont montré à quel point l’équilibre institutionnel peut être délicat. Cela dit: Il est sain qu’il y ait discussion, il est sain qu’il y ait divergence, car une démocratie vivante ne craint pas la contradiction.
L’indifférence faisant la Une de plus en plus dans notre vie quotidienne, Gaston Vogel – personnalité aussi admirée que controversée – rappelait souvent qu’il n’y à rien de pire que l’indifférence. On peut ne pas partager ses positions, mais il défendait avec constance la liberté de parole. Et c’est peut-être là l’essentiel.
La retraite, souvent perçue comme un retrait, est en réalité une libération. Elle ôte le poids du protocole, elle restitue la parole personnelle, elle redonne le droit d’être simplement citoyen, de faire part de «Jenni et Menni»! La meilleure des fêtes, au fond, n’est pas celle des honneurs. C’est celle de la liberté retrouvée.
Avec respect pour les institutions, avec confiance dans la nouvelle génération, avec attachement profond à «Jenni et Menni» et à notre «Ländchen».