
Dem Automobilclub feelt et donieft och u méigleche Léisunge wat d’Stauen am Trafic uginn.
Objet : réponse de l’ACL à la déclaration du gouvernement sur la situation économique, sociale et
financière du pays 2019
Monsieur le Premier ministre,
C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons suivi votre déclaration sur l’état de la nation le 8 octobre
dernier. Vous vous en rappelez certainement, selon un sondage pré-électoral de TNS-Ilres, la mobilité
était un des thèmes décisifs pour le vote lors des élections législatives 2018. Les usagers attendent des
solutions avec impatience. Si dans votre déclaration vous faites le constat des problèmes rencontrés au
niveau de la mobilité, qu’il s’agisse des émissions ou des embouteillages notamment, nous regrettons
que les solutions proposées soient peu nombreuses et peu précises. Nous nous permettons pour cela de
vous rappeler quelques-unes des propositions concrètes que l’ACL n’a eu de cesse de promouvoir ces
dernières années :
- Dans votre discours, vous parlez notamment de la nécessité d’investir dans l’infrastructure. Sachez,
Monsieur le Premier ministre, que l’ACL vous soutient dans cette réflexion. Nous constatons que les
annonces de projets se multiplient. Mais malheureusement, pour beaucoup, elles ne semblent pas
dépasser le stade de projet. Qu’il s’agisse des grands P+R des deux côtés de la frontière qui seront
nécessaires pour promouvoir l’utilisation des transports en commun ou le recours au covoiturage
notamment auprès des 200 000 frontaliers qui tous les jours entrent dans le pays, qu’il s’agisse des
pistes cyclables pouvant permettre au vélo de jouer un rôle réel dans la mobilité quotidienne
(Bertrange est un exemple de l’absence d’une telle infrastructure aux portes mêmes de la capitale),
qu’il s’agisse des contournements qui permettront d’augmenter la qualité de vie et la sécurité à
l’intérieur des agglomérations,... les projets au Luxembourg souffrent d’une lourdeur administrative
et d’une infinité de procédures qui ne semblent à chaque fois aboutir qu’à de nouvelles formalités.
Le Luxembourg doit se donner les moyens d’avancer pour pouvoir faire face dès maintenant aux
nombreux défis et doit donc simplifier ses procédures pour plus d’efficience.
- Une étude a récemment démontré que les déplacements liés au travail et à l’école étaient la cause
principale des embouteillages. Or, nous le savons tous, les usagers, les dirigeants d’entreprises, les
directeurs d’école et même les communes, ne comprennent pas toujours les tenants et
aboutissants de la problématique « mobilité » ni les alternatives existantes et leur fonctionnement.
C’est pour cela que l’ACL recommande la création d’une fonction de « Mobility Manager » au sein
des entreprises ou toute autre institution concernée, afin de conseiller sur les options de mobilité
les plus adéquates et de proposer des solutions concrètes pour améliorer la mobilité au quotidien.
Cette recommandation résulte d’une formation spécifique de trois jours menée par l’ACL avec
l’Université du Luxembourg et qui a démontré la pertinence d’une telle fonction. L’information et la
formation jouent un rôle important, tant pour l’évolution des habitudes de mobilité que pour la
sécurité des usagers de la route, sous quelque forme que ce soit. L’ACL estime pour cela que la
thématique a largement sa place dans les écoles.
- Vous avez fait, Monsieur le Premier ministre, référence à l’importance de la recherche et du
développement dans le secteur automobile et au rôle que le Luxembourg, au travers notamment de
l’Automotive Campus, sera amené à jouer. Et pourtant, votre gouvernement mise exclusivement sur
l’électrique. Vos ministres n’ont de cesse de rappeler que l’avenir sera multimodal et que la solution
unique n’existe pas et pourtant lorsqu’il s’agit de motorisations, des alternatives comme le CNG ne
sont pas considérées et rien n’indique si oui et comment votre gouvernement comptera soutenir les
alternatives actuellement en développement comme l’hydrogène ou les carburants synthétiques.
Or ces solutions pourraient être une alternative pour ceux qui ne veulent plus recourir aux
carburants traditionnels et pour lesquels l’électrique n’est pas encore la réponse adaptée. L’ACL
estime pour cela qu’une politique neutre du point de vue technologique sera plus efficace et qu’elle
permettra le développement de solutions futures et une plus grande adhésion des usagers à ces
solutions, puisqu’ils pourront trouver celle qui convient le mieux à leurs besoins.
- Nous nous réjouissons de la bonne santé des finances publiques et du maintien d’un niveau élevé
des investissements, nous devons néanmoins rappeler qu’aujourd’hui les automobilistes nationaux
et étrangers contribuent fortement à cette situation. Une hausse des accises pour orienter les
clients étrangers vers les stations-service au-delà des frontières, touchant le plus durement ceux qui
n’ont pas encore une alternative viable à l’automobile et qui ont dû s’éloigner de leur lieu de travail
faute de pouvoir accéder à un logement à proximité ou même dans notre pays, n’est pas une
solution. Au contraire, l’ACL soutient la mise en place d’un « budget mobilité » pour inciter à la
multimodalité et à la mobilité partagée. Transports en commun et covoiturage (carpooling) par
exemple sont freinés par un système où la voiture de fonction représente la seule alternative de
rémunération « mobilité » en nature.
Dans l’espoir que notre réflexion rencontrera votre approbation et votre soutien, nous restons à votre
disposition pour toute question complémentaire et pour avancer ensemble sur ces dossiers, et vous
prions de croire, Monsieur le Premier ministre, à l’expression de nos sentiments dévoués.
Yves Wagner, Président et Jean-Claude Juchem, Directeur