Affär WilmesDe Collège médical wollt d'Whistleblowere schützen

Roy Grotz
An der Affär ëm de virleefeg suspendéierten Dokter Philippe Wilmes ass et, fir Whistlebloweren ze protegéieren, datt de Collège Médical de Medezinner net mat dëse Leit an hiren Plaintë konfrontéiert huet.
© RTL

Dat schreift de Collège Médical an enger éischter Matdeelung, nodeem bis haut all Interview-Ufroe vun deem Gremium refuséiert goufen.

Wat d’Patienten dem Collège gemellt hunn, betrëfft Kräizband-Operatiounen, déi ouni objektiv medezinesch Indikatioun vum Dokter Wilmes duerchgefouert gi wieren.

An deem Sënn hat de Collège och ewell de 16. Dezember d’Santésministesch mat dëse Reprochë befaasst, well d’Fäll als net isoléiert ugesi goufen.

Och nach haut soen d’Medezinner aus dem Collège Médical, datt sech dës Denonciatioun am Sënn vun der Patienten-Sécherheet reegelrecht imposéiert hätt.

No der Denonciatioun vu weideren 10 Fäll duerch 6 CHL-Dokteren am Januar huet de Collège Médical d’medezinesch Dossiere vun dëse Patienten Enn Januar krut.

Am Kader vun dëse Fäll huet de Collège Médical dann och eng disziplinaresch Instruktioun géint de Philippe Wilmes decidéiert, wou hie sech an deem Kader mëndlech kann erklären a verdeedege kommen.

Duerno da gëtt eng Decisioun geholl, ob den Dokter Wilmes muss virum Conseil de Discipline vum Collège Médical aussoen oder net.

Dës Decisioun steet wéi gesot nach aus.

De Collège Médical stellt also schwaarz op wäiss kloer, datt keng Denonciatioun anonym geschitt ass, mee datt all d’Dokteren dem Collège Médical nominell bekannt sinn.

Schreiwes vum Collège Médical

Dans le cadre de l’affaire médiatisée concernant un médecin spécialiste en orthopédie, le Collège médical se doit d’apporter certaines précisions.

Il a été saisi par le biais de la procédure de lanceur d’alerte, mise en place conformément à la loi du 16 mai 2023 sur la protection des lanceurs d’alerte.

Cette loi prévoit une protection des lanceurs d’alerte contre toute sorte de représailles à condition que l’auteur du signalement ait eu des motifs raisonnables de croire que les informations signalées sur les violations étaient véridiques au moment du signalement.

Ces signalements concernaient principalement des interventions de reconstruction du ligament croisé antérieur réalisées sans indication médicale objectivable.

Le Collège médical a reçu les lanceurs d’alerte et a pu vérifier que ces derniers avaient des motifs raisonnables de croire que les informations signalées étaient véridiques, de sorte que ces lanceurs d’alerte bénéficient de la protection contre toutes sortes de représailles d’où découle la nécessité de tenir secret leur identité. Une confrontation à ce stade du médecin concerné avec les reproches formulés aurait immanquablement eu pour conséquence que ce dernier pouvait identifier les lanceurs d’alerte.

Dans le cadre de ces vérifications et selon des informations reçues, il s’est avéré que les cas signalés ne semblaient pas isolés. De ce fait et dans un souci de protection maximale des patients, y compris de patients futurs, le Collège médical a informé par courrier en date du 16 décembre 2025, Madame la Ministre de la Santé de ces faits, l’invitant à prendre des mesures dans le cadre de l’article 16, par. 2 de la loi modifiée du 29 avril 1983 concernant l’exercice des professions de médecin, de médecin-dentiste et de médecin-vétérinaire. Le Collège médical reste convaincu à ce jour qu’une telle dénonciation s’imposait à lui dans le cadre de la plus grande prudence dans l’intérêt des patients.

En date du 8 janvier 2026, le Collège médical a reçu un courrier de Madame la Directrice générale du Centre Hospitalier de Luxembourg signalant une pratique chirurgicale inhabituelle dans le domaine du ligament croisé antérieur sur 10 patients effectuée par le médecin concerné et 6 interventions conseillées mais non effectuées sur second avis par un autre spécialiste en orthopédie. Ce signalement était signé par six médecins-spécialistes en orthopédie du Centre Hospitalier et n’était donc nullement anonyme.

Exerçant les pouvoirs lui attribués par l’article 21 de la loi du 8 juin 1999 relative au Collège médical, et au vu des faits portés à sa connaissance, le Président a ouvert une instruction sur les faits. Les dossiers médicaux des patients (simplement connus par leur matricule) ont été demandés au Centre Hospitalier en date du 14 janvier 2026 et obtenus le 30 janvier 2026.

Le médecin concerné a été averti du fait que le Collège médical envisageait une instruction disciplinaire, il a été informé du numéro de matricule des patients concernés, avec invitation d’analyser leurs dossiers médicaux et fournir avec toute documentation susceptible d’étayer sa défense. Dans la suite, Monsieur le Président ou son délégué recevra le médecin en cause pour entendre oralement sa défense.

Conformément à la procédure prévue par la loi sur le Collège médical, il sera établi un rapport après l’audition du médecin en cause et de l’analyse des pièces au dossier et sur base de ce rapport, Monsieur le Président du Collège médical décidera s’il y a lieu de déférer ledit médecin au Conseil de discipline du Collège médical ou non.

Si une telle procédure est entamée, le médecin en cause bénéficiera de tous les droits prévus à cet effet par la loi sur le Collège médical, tels que, entre autres, droit d’être assisté par un conseil et débat contradictoire à l’audience.

Back to Top
CIM LOGO