
La première réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européens ayant eu lieu le vendredi, 19 juin 2026, portait sur le prochain budget communautaire (2028-2034). Elle a montré les différences entre les pays concernés. L’heure des compromis a sonné dès la première séance. Or l’on sait ce que valent les compromis en politique.
Comment financer de nouvelles priorités pour 2028-2034 comme la défense et le réarmement industriel, sans sacrifier les politiques traditionnelles de l’Union ? Une chose est sûre et certaine, le sanitaire, le social et l’environnement n’y étaient jamais prioritaires. Les grandes ambitions affichées par les politiques responsables successifs n’ont amené à rien, au moindre imprévu l’on est dépassé, comme l’a démontré la récente vague de chaleur sur l’Europe.
La bataille des chiffres n’a fait que commencer. La commission a proposé pour 2028-2034 un budget de près de 2.000 milliards d’euros, soit une hausse de 1,13 % par rapport au budget actuel. Ce budget est censé permettre de commencer à rembourser l’emprunt souscrit par la Commission pour financer celui de 2020-2027 !
La réalité et le beau narratif sur la politique financière de l’Union européenne sont deux choses différentes. Actuellement aucun Etat membre est prêt à augmenter sa contribution nationale. Certains, comme l’Autriche, veulent même la baisser. Or la Commission a un atout en main, pendant une campagne électorale les gouvernements ne peuvent pas prendre de décision sur le budget communautaire.
Quant au Parlement, il ne peut amender le projet de budget, mais doit le valider par un vote. Une démocratie « adaptée aux besoins de la Commission » !